Une nouvelle politique d’immigration
Le président de la République m’a demandé de mettre en place une nouvelle politique de l’immigration pour la France.
Une nouvelle politique cela veut dire un changement par rapport au passé. Autrefois, les entreprises faisaient leur
marché sans se préoccuper du pays d’origine ; le pays d’origine n’étant lui-même pas mécontent de se voir allégé
d’une charge démographique, économique, sociale ou politique.
La nouvelle politique de l’immigration, c’est tout autre chose. C’est le pays d’accueil, la France, qui se préoccupe des
pays d’origine. Deux immigrés sur trois dans notre pays proviennent des pays africains. Nous discutons avec les
responsables, les élus et les associations pour mettre en place cette nouvelle politique. C’est ce que nous appelons
une politique d’immigration choisie et concertée.
En France, c’est très simple, un étranger doit savoir qu’il existe trois principes. Premier principe : la France, comme
tous les pays du monde et d’Europe, a le droit d’accueillir qui elle veut et qui elle peut sur son territoire.
Deuxième principe : un étranger en situation légale, qui respecte nos lois, comprend nos valeurs et parle notre langue,
doit avoir les mêmes droits économiques et sociaux que les Français, pour l’essentiel.
Troisième principe : un étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d’origine. On ne vient
pas sur notre territoire ou sur le territoire européen sans y avoir été autorisé, ou nvité. Il peut y avoir des exceptions,
sanitaires, sociales ou de solidarité, mais ce principe, comme dans tous les pays du monde, s’applique.
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L’obligation d’apprendre le français
Aujourd’hui, près d’un étranger sur trois arrivant sur le territoire français ne parle pas notre langue. Comment peut-on
espérer s’intégrer, dialoguer avec ses voisins ? Comment espérer, pour une mère de famille, comprendre la scolarité
de ses enfants ? Comment espérer trouver une activité professionnelle ou même tout simplement faire ses courses, si
l’on ne parle pas notre langue ?
C’est pour cela que nous avons imaginé, dans la loi du mois de novembre 2007, un dispositif permettant à l’étranger
qui vient sur notre territoire, dans le cadre du regroupement familial, d’apprendre notre langue et de bénéficier d’un
test de langue. Ainsi, l’intégration sera facilitée parce que le principe est simple : si nous voulons réussir l’intégration, il
faut maîtriser l’immigration.
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La mise en place d’une gestion concertée de l’immigration avec les pays d’origine
Aujourd’hui, pour gérer les flux migratoires, la France ne se préoccupe pas exclusivement d’elle-même, comme
l’Europe ne doit pas se préoccuper exclusivement d’elle-même. Nous devons discuter, dialoguer avec les pays terre
d’immigration. C’est pour cela que nous parlons d’immigration choisie, parce que c’est l’immigration que nous
voulons, mais aussi d’immigration concertée, parce que nous discutons avec les pays d’origine.
Cette politique française est comprise par les pays partenaires. Depuis un an, j’ai signé cinq accords organisant
l’immigration et luttant contre l’immigration illégale. Nous nous mettons d’accord sur l’immigration professionnelle,
évoquons précisément l’accueil des étudiants parce que demain ce seront eux nos interlocuteurs puisqu’ils seront les
élites économiques, sociales et politiques des pays d’origine.
J’ai donc signé un accord avec le Gabon, avec le Bénin, le Sénégal, la République du Congo et, en présence du
président de la République, avec la Tunisie. Ce sont des accords clairs, honnêtes et transparents. Nous organisons les
migrations légales d’un côté, nous luttons ensemble contre l’immigration illégale et nous donnons un coup de main au
développement parce que nous savons bien que, par exemple, sur le continent africain il y a 900 millions d’individus,
dont la moitié a moins de 17 ans et dont le tiers de la population vit avec moins d’un euro par jour. Il faut aider ces
Etats à offrir un avenir à leur jeunesse.
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