L’autonomie des universités
Quand nous sommes arrivés en 2007, nous avons trouvé une université totalement délaissée. Cela faisait vingt ans que
l’on n’avait pas investi dans l’université parce qu’on la jugeait irréformable. L’autonomie des universités est la première
pierre d’une réforme qui va prendre cinq ans et qui va changer son visage. C’est une première pierre indispensable
parce quand nous parlons d’autonomie, nous parlons aussi de culture du résultat. Nous disons liberté mais aussi
responsabilité. Nos universités doivent être libres de prendre des initiatives dans la compétition internationale à
laquelle elles sont aujourd’hui soumises, une compétition de l’intelligence qui a lieu dans le monde entier. L’autonomie,
c’est pouvoir gérer son propre budget, recruter les meilleurs enseignants, les meilleurs chercheurs, s’intéresser à
l’insertion professionnelle des étudiants. Bref, c’est plus de résultats pour l’université française.
Cette autonomie des universités s’accompagnera d’un engagement financier inédit de la part de l’Etat. 50%
d’augmentation sur cinq ans du budget de l’enseignement supérieur, soit, au total, 15 milliards d’euros de crédits
publics supplémentaires pour les universités. Nous avons commencé dès 2008 avec 1 milliard de crédits
supplémentaires. Le premier résultat, c’est le changement dans la gouvernance des universités, avec l’élection de
conseils d’administrations plus resserrés. Avant l’été, nous aurons des universités avec une nouvelle gouvernance et
au 1er janvier 2009, les premières universités passeront réellement à l’autonomie. Au total, d’ici cinq ans, les 80
universités françaises seront autonomes.
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Un plan pour la rénovation et la modernisation des campus
Le président de la République a souhaité rénover profondément tous les campus universitaires et de recherche parce
qu’ils sont la vitrine de la France à l’étranger. Il a donc décidé d’investir 5 milliards d’euros de crédits exceptionnels,
issus de la vente d’actions EDF, dans la rénovation d’une dizaine de campus qui deviendront les cités scientifiques du
XXIe siècle. Ces campus ont été sélectionnés par un appel à projet transparent, avec un comité de sélection
international et des avis motivés qui ont été rendus publics. C’est la première que l’on ne décide pas dans l’opacité du
ministère qui a droit à des crédits budgétaires. Il y aura donc au total dix projets sélectionnés. Les six premiers ont
couronné les efforts de métropoles régionales : Lyon, Grenoble, Toulouse, Montpellier, Bordeaux et Strasbourg. Ces
métropoles ont su unir leurs forces universitaires, leurs grandes écoles, leurs organismes pour porter des projets de
lieux de vie qui vont structurer tout un territoire. Elles ont su se rapprocher du monde économique et abattre le mur
qui, encore aujourd’hui, sépare l’université de l’entreprise. Nous aurons, je l’espère, d’ici 2012, des campus qui
ressembleront à la France du XXIe siècle.
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L’amélioration de la condition étudiante
La situation des étudiants montre que si 75% d’entre eux sont heureux et épanouis dans leurs études, 25% se
trouvent dans des situations difficiles ou précaires. Alors, nous avons commencé par une réforme des bourses et des
aides étudiantes. 100 millions d’euros vont être investis dans la simplification des critères d’attribution des bourses car
il faut savoir que, jusqu’à présent, il existait des inégalités très grandes, où lorsque vous étudiez à 247 Km de chez vos
parents vous n’aviez pas de bourses, mais vous en aviez une à 251 Km… Nous avons simplifié tous ces critères et
surtout nous avons élargi l’attribution des bourses puisqu’il y aura 50 000 boursiers supplémentaires à la rentrée
prochaine. Et, dès janvier 2008, nous avons augmenté de 7% les bourses des 100 000 étudiants les plus défavorisés.
Au total, notre objectif est de donner davantage à ceux qui en ont le plus besoin.
Mais, pour résoudre la question de la précarité étudiante, le principal facteur c’est le logement étudiant. Dans ce
domaine, un parlementaire en mission, Jean-Paul ANCIAUX, nous a fait toute une série de propositions qui vont se
traduire concrètement par une grande conférence sur le logement étudiant en Ile-de-France, à l’automne.
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La réforme des organismes de recherche
Notre système de recherche doit reposer sur trois piliers solides et nécessaires. D’abord, des universités puissantes et
autonomes et, avec la loi sur l’autonomie, elles le deviendront. Ensuite, des organismes de recherche avec une
stratégie d’excellence. Enfin, une recherche privée beaucoup plus dynamique, c’est notre maillon faible aujourd’hui,
avec le triplement du crédit impôt recherche.
Sur la réforme des organismes, aujourd’hui, il est nécessaire que ces organismes se modernisent dans leur mode de
fonctionnement. Sur la recherche biomédicale, tout était émietté, nous avions la recherche sur le SIDA, sur le cancer,
l’INSERM, le CNRS.
Nous souhaitons aujourd’hui un grand pilotage conjoint pour que la recherche en santé, priorité fondamentale de notre
pays, se fasse de manière coopérative, que notre système soit véritablement une chaîne solidaire, dont tous les
maillons seront forts et sauront travailler entre eux. Parce que la concurrence aujourd’hui, dans le domaine de la
recherche, est mondiale et ne doit donc pas s’exercer entre les différents organismes de recherche français. Le
cloisonnement est une très mauvaise chose, il nous faut donc réformer l’INSERM et le CNRS.
Nous devons enfin réformer le CNRS, le grand organisme de recherche national en recherche fondamentale dans
toutes les disciplines. Nous voulons qu’il affirme davantage sa mission de stratège et nous pensons qu’il a la légitimité
pour définir et coordonner la stratégie nationale dans une série de disciplines : les mathématiques, la chimie, la
physique, l’écologie et la biodiversité, les sciences humaines et sociales ou l’ingénierie. Mais nous pensons, en
revanche, que dans le domaine des technologies de l’information comme dans celui de la biologie et des sciences du
vivant, il existe d’autres acteurs de recherche en France.
Le CNRS, s’il reste entier, doit néanmoins s’ouvrir à des coopérations nouvelles avec l’INSERM, avec l’INRIA, de façon
à ce que notre recherche française ne doublonne pas, ne fasse pas deux fois la même chose et qu’il n’y ait pas, au
sommet, des rivalités qui nous font mal dépenser l’argent et qui privent les chercheurs d’une ressource.
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Le crédit impôt recherche
La grande faiblesse de notre système de recherche, c’est la recherche privée. Nos entreprises n’investissent pas assez
dans la recherche. Les grandes, mais aussi les petites. C’est pour cette raison que, dès l’été 2007, le président de la
République a décidé de tripler les déductions fiscales pour l’investissement dans la recherche, c’est ce que l’on
appelle le crédit impôt recherche. Jusqu’à présent, l’entreprise pouvait déduire 10% de ses dépenses, aujourd’hui, elle
peut en déduire 30%. C’est une stratégie défensive bien sûr, afin d’éviter la délocalisation des centres de recherche à
l’étranger. Mais c’est également une stratégie offensive pour attirer sur le site France des centres de recherche
d’entreprises étrangères. Parce que lorsque l’on a un centre de recherche dans un pays, on y met des centres de
décision et des centres de production. La recherche étant le maillon clé. Enfin, le crédit impôt recherche va permettre à
nos PME d’investir davantage dans la recherche. Il nous faut des PME plus innovantes, c’est une nécessité.
Si nous voulons développer la recherche privée en France, il faut abattre les murs qui trop souvent séparent l’université
de l’entreprise. Une expérience totalement innovante a eu lieu ces dernières semaines à Toulouse, une fondation de
recherche fondamentale en sciences économiques, « Toulouse sciences économiques » a levé 33 millions d’euros de
crédits privés pour faire une dotation en capital d’une fondation de recherche. C’est une démarche radicalement
innovante que nous avons souhaité soutenir. Le président de la République a décidé que nous mettrions 1 euro
d’argent public pour 1 euro d’argent privé recueilli. Ce qui fait que cette fondation sera désormais l’une des premières
fondations de recherche en partenariat public/privé de France.
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La lutte contre l’échec à l’université
Nous avons conçu, en lien avec les syndicats d’étudiants, un grand plan pour la lutte contre l’échec à l’université. En
effet, un jeune sur deux échoue en première année d’université aujourd’hui. Nous voulons diviser ce chiffre par deux,
d’ici 2012. Pour cela, nous avons lancé une réforme des 1ers cycles universitaires, des licences ; nous avons aussi
lancé une réforme de la 1ère année de médecine. Concernant la licence, un nouveau cursus va se mettre en place dès
la rentrée 2008. La première année va devenir fondamentale, pendant laquelle on va consolider les acquis du
baccalauréat grâce à un dispositif d’orientation active qui commence dès le milieu de la Terminale. Les lycéens vont
être amenés par des universitaires dans les filières dans lesquelles ils ont le plus de chances de réussir. Ils seront
accompagnés à l’université par un professeur référent pour 20 élèves qui les prendra sous son aile et pourra les
réorienter si jamais ils ont fait fausse route ou les aider s’ils sont en difficulté. Nous généraliserons le tutorat obligatoire
lorsque ce sera nécessaire et nous permettrons la création de semestres de rebond, des semestres tremplin pour les
élèves qui, à la fin d’un semestre à l’université, se trouvent dans une situation difficile.
Sur la 1ère année de médecine, un dispositif spécifique est en train d’être soumis à la concertation car, en médecine, le
taux d’échec en fin de 1ère année est de 80%. Il faut ouvrir des passerelles pour les étudiants de licence, il faut
également faire valider l’année de tous les étudiants qui ont eu plus de 10/20 à leur année, mais qui ne peuvent pas
poursuivre à cause du numerus clausus. Il faut enfin permettre l’ascension, la promotion sociale de tous les métiers
paramédicaux dans le cadre des études de santé.
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Une meilleure attractivité des métiers de la recherche
Le président de la République veut investir massivement dans la recherche publique et privée parce qu’il sait que c’est
là qu’est la clé de la croissance de notre pays et des emplois de demain. Nous augmenterons de 40% le budget de la
recherche d’ici 2012, c’est sa volonté.
Dans ce cadre, il est évidemment crucial de se poser la question du défi démographique qui nous attend. D’ici dix ans,
30% des effectifs des organismes de recherche va partir à la retraite, il faudra les remplacer. Cela suppose d’attirer
des jeunes de grande qualité vers les métiers de la recherche. Nous avons déjà commencé à tenir une des promesses
de campagne du président de la République puisque nous avons augmenté de 16% les allocations de recherche des
doctorants. Le doctorat doit être un diplôme revalorisé pour que beaucoup plus de jeunes en fassent un comme on le
fait aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, pays où le doctorat est le diplôme roi de l’enseignement
supérieur.
Mais il va falloir aller plus loin et parler des conditions du recrutement des jeunes, des débuts de carrière ; parler
également de comment réussir à faire revenir les chercheurs partis à l’étranger, comment attirer les meilleurs, les
garder en France et comment faire pour que toutes les carrières des métiers de l’enseignement de la recherche soient
plus attractives. L’Académie des Sciences doit remettre un rapport sur ce sujet dans les prochaines semaines ainsi
que la Commission Schwartz. Ces rapports feront état des carrières de l’ensemble des personnels de l’Université et
nous en tirerons toutes les conséquences.
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