Accueil / Documents / Xavier Darcos
Xavier Darcos
23-06-2008



La suppression de la carte scolaire


La carte scolaire était un système de ségrégation qui assignait des élèves à résidence dans leur quartier. Le président
de la République, Nicolas Sarkozy, avait proposé sa suppression, tout simplement pour donner une nouvelle liberté, un
nouveau droit aux familles. À la rentrée 2007, nous avons organisé l’assouplissement de cette carte scolaire et, déjà,
13 500 dérogations ont pu être accordé aux collèges et 8500 aux lycées. Il faut aujourd’hui aller plus loin, et, à la
rentrée prochaine, il n’y aura plus à proprement parler de carte scolaire.
Désormais, les familles qui souhaiteront que leur enfant aille dans tel établissement le demanderont sans aucune
condition. Puis, l’établissement demandé vérifiera s’il peut accueillir tout le monde. Si c’est le cas, il n’y aura pas de
problème et les enfants seront accueillis. S’il y a des difficultés, parce que l’établissement ne peut pas recevoir toutes
les demandes de dérogation, des critères seront alors retenus. Mais ce sont des critères sociaux : les élèves boursiers,
les élèves boursiers au mérite, le regroupement des familles ou les itinéraires des parents pour aller à leur travail. Il
s’agit de rendre service aux gens et surtout aux plus modestes. Si bien que la carte scolaire est à la fois une liberté, un
nouveau droit donné aux familles, mais c’est aussi plus de justice sociale.


✤✤✤


L’accompagnement éducatif après 16 heures


Le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait appelé ce dispositif « les orphelins de 16 heures ». Ce sont les
enfants qui, lorsqu’ils sortent de classe, n’ont pas les moyens d’aller suivre des cours, pratiquer des sports ou de la
culture, ou, tout simplement, sont livrés à eux-mêmes. Cette situation a un coût social, car ce sont souvent des enfants
qui se trouvent dans les quartiers les plus défavorisés, mais elle a aussi un coût culturel car il n’y a pas de raison que
des enfants modestes, de familles simples, ne puissent pas bénéficier d’un accompagnement éducatif, de cours, de
culture et de sport eux aussi.
Nous avons donc créé ce dispositif de l’accompagnement éducatif. Il est offert aux élèves de 16 à 18 heures et quatre
jours par semaine. Nous avons commencé dès novembre dernier dans 1119 collèges, c’est-à-dire tous ceux
appartenant à l’éducation prioritaire et le système fonctionne très bien, nous avons énormément de demandes.
À la rentrée prochaine, dans tous les collèges de France, sans exception, l’accompagnement éducatif sera organisé.
Les élèves pourront être reçus, ils auront des cours particuliers, de l’aide aux devoirs, ils travailleront dans des
conditions meilleures ou feront de la culture, du sport ou de la découverte de dossiers à caractères sociaux. Et puisque
ce dispositif a merveilleusement bien marché, nous allons également l’expérimenter à la rentrée prochaine à l’école
primaire, là aussi en éducation prioritaire, de sorte que bientôt il n’y ait plus d’orphelins de 16 heures.


✤✤✤


La réforme du primaire : recentrer sur les savoirs fondamentaux


La situation du primaire aujourd’hui, c’est 15%, parfois même 20%, des élèves qui quittent l’école primaire sans avoir
les acquis qui permettent de suivre au collège. Ils lisent mal, ils n’ont pas la maîtrise des outils fondamentaux.
Notre préoccupation a été de lutter contre cette situation, de lutter contre l’échec scolaire. D’abord, en réorganisant la
semaine. Il nous a paru qu’il n’était pas nécessaire de continuer à avoir des cours le samedi matin, ce temps appartient
aux familles. Avec cette réorganisation, nous avons aussi dégagé deux heures que les professeurs utiliseront pour ces
15% d’élèves en difficulté qui auront droit à deux heures spécialement pour eux.
Ensuite, nous avons réorganisé les programmes de sorte qu’ils soient écrits dans une langue claire, simple et pratique
et de trente pages maximum, pour que les familles puissent savoir de quoi il s’agit, que tout le monde comprenne.
Nous distribuerons à la rentrée prochaine, à trois millions d’exemplaires, les programmes du primaire pour chaque
parent qui pourra ainsi savoir ce qu’apprend son enfant.
Ces programmes sont recentrés sur les fondamentaux, sur la maîtrise du français et des mathématiques et exigent
qu’à chaque niveau de classe, on puisse vérifier si l’enfant a bien acquis ce qu’il doit connaître.

Puis, nous avons également accompli une autre promesse du président de la République, Nicolas Sarkozy, d’installer
le début d’une formation à l’histoire des arts, qui commencera dès le CP, qui continuera désormais jusqu’au brevet
puis au baccalauréat.
Nous avons enfin mis en place un autre dispositif de remédiation à l’échec scolaire par l’organisation de stages de
rattrapage en français et en mathématique, pour les élèves désireux de remonter leur niveau. Ces stages ont lieu à
Pâques, début juillet, fin août, à raison de 4 heures par jour et 5 jours par semaine, ceci gratuitement. Si bien que nous
donnons à tous ce que certaines familles aisées pouvaient s’offrir par ailleurs.


✤✤✤


Le service minimum d’accueil en primaire


Nous le voyons bien, la situation n’est pas juste, lorsqu’une grève se produit dans le 1er degré. D’un côté, il y a les
familles qui ont les moyens de faire garder leur enfant parce que la famille est bien structurée, il y a une gardienne, une
nounou… Et de l’autre côté, il y a des familles qui travaillent mais qui ont des situations plus difficiles, qui ne peuvent
pas faire garder leur enfant et qui sont alors obligées de prendre une journée de RTT ou de ne pas travailler. Il y avait
donc une situation d’injustice. Par ailleurs, bien sûr, nous respectons le droit de grève, mais nous respectons
également le droit de travailler. Et les jours où les professeurs font grève, il n’y a pas de raison pour que les parents ne
puissent pas travailler.
Voilà pourquoi le président de la République, Nicolas Sarkozy, a souhaité que soit mis en place un droit d’accueil pour
les élèves du primaire en cas de grève. Ainsi, il faudra que nous sachions qui fait grève, il y aura donc un signalement
permettant d’évaluer le nombre de professeurs en grève. Ensuite, l’Etat confie à la commune ou à l’intercommunalité le
soin d’organiser un accueil pour les enfants. Cet accueil se faisant par des personnes que la commune ou
l’intercommunalité choisira. En l’échange, d’une part, l’Etat assumera la responsabilité civile en cas d’incident, de sorte
que les maires ne soient pas exposés et, surtout, l’Etat remboursera les frais engagés par les collectivités pour assurer
ce service minimum. Ainsi nous aurons un dispositif qui, à la fois, respecte le droit de grève, respecte les familles et
permettra aux enfants de ne pas se retrouver à la rue.


✤✤✤


La réforme des lycées


Cette réforme des lycées est un très vaste chantier. Nous avons commencé par nous intéresser au baccalauréat
professionnel. Il était obtenu après quatre ans d’études à la sortie du collège. Nous avons considéré que ce n’était pas
juste et qu’il fallait que le Bac pro ait la même dignité que le baccalauréat général ou technologique. Nous avons donc
décidé que progressivement il se passerait, lui aussi, en trois ans, mais que, pour autant, les formations courtes et les
diplômes auxquels les élèves des séries professionnelles étaient habitués, par exemple le BEP, ne disparaîtraient pas.
Bien au contraire, les élèves qui s’engageront dans les trois ans du Bac pro obtiendront le BEP.
Ce dispositif a plusieurs avantages. D’abord, il va encourager les élèves à aller vers ces filières professionnelles.
Ensuite, il leur permettra d’arriver plus jeune au baccalauréat et donc, s’ils le souhaitent, de poursuivre leurs études
grâce à des BTS ou des formations supérieures découlant du baccalauréat professionnel. Comme nous savons que
certains élèves auront des difficultés, nous avons mis en place des systèmes modulaires qui accompagneront le jeune
lorsqu’il aura du mal à suivre le rythme. Un dispositif à la fois moderne, juste, mettant le Bac pro à égale dignité avec
les autres, mais un dispositif également attentif aux difficultés scolaires des uns et des autres.
La réforme du Bac pro est une annonce de celle du lycée général. Nous avons entamé cette réforme qui s’appliquera
dès la rentrée 2009 pour les classes de Seconde. Pour l’instant, nous en sommes aux principes. L’idée est de faire en
sorte que les élèves soient plus autonomes ; qu’ils puissent être accompagnés dans leurs recherches personnelles ;
que le lycée ne soit pas une juxtaposition de cours mais qu’il y ait aussi des temps d’études, de rattrapage ou de
recherche ; que les professeurs soient disponibles pour accompagner les élèves lorsqu’ils travaillent par eux-mêmes
ou lorsqu’ils ont besoin d’un secours ou d’une aide aux devoirs.
Un système plus modulaire, plus adapté aux besoins des jeunes d’aujourd’hui et qui révolutionnera évidemment la vie
dans le lycée. Le gouvernement a considéré que le sujet était très sensible et qu’il ne fallait pas l’engager sans l’accord
de nos partenaires. C’est pourquoi j’ai signé d’emblée un texte qui fixe l’analyse que nous faisons de la situation
actuelle et les principes directeurs auxquels nous sommes attachés pour la réforme du lycée. Ce texte a été signé par
l’ensemble des organisations représentatives de nos personnels. J’ai confié à un chef de mission, Jean-Paul de
GAUDEMAR, le soin de me présenter d’ici le début juillet les grandes orientations de son travail. À la fin de cette
année, nous aurons la maquette du nouveau lycée.


✤✤✤


La reconquête du mois de juin


Vous le savez, le mois de juin aujourd’hui n’est pas travaillé dans nos lycées parce qu’il y a les examens. Et comme
souvent il y a un collège dans le lycée, il n’est travaillé par personne de la 6e à la Terminale. Si bien que cela représente
six mois de perdus, presque une année scolaire. Or, un mois de lycée coûte au contribuable 1 milliard d’euros, 250
millions par semaine. Et surtout, les élèves ne peuvent pas finir les programmes, se retrouvent en vacances beaucoup
trop tôt et livrés à eux-mêmes. Nous avons donc décidé de rendre ce mois de juin utile aux élèves des lycées.
Nous passons par une expérimentation, dès cette année, dans quatre Académies et deux départements. Les épreuves
se passent dans des lieux différents, permettant ainsi aux cours de continuer. Plus tard, les professeurs continuent à
faire cours et corrigent les copies. Nous avons d’ailleurs largement valorisé le prix de la correction de la copie puisqu’il
a été multiplié par cinq. Enfin, les conseils de classe et d’orientation se tiennent plus tard.
Si comme je le pense, ce dispositif expérimental donne satisfaction -nous le verrons à la fin du mois de juin- nous le
généraliserons l’an prochain dans toutes les Académies. Cela veut dire que sans dépenser plus, en s’organisant
différemment, nous aurons rendu à tous les élèves un mois de scolarité. Ils pourront finir leurs programmes, rester
dans l’établissement et bénéficier jusqu’au bout d’une année scolaire.


Mentions légales | Contact | Crédits